Ce mouillage, utilisé par le navigateur carthaginois Hannon en 500 av. J.-C., riche en eau potable, servit pendant plusieurs siècles de poste avancé sur la route des îles du Cap-Vert et de l’équateur. Le site fut conquis ensuite par les Romains, lors de la troisième guerre punique en 146 av. J.-C. Ceux-ci placèrent comme vassal, à l’époque d’Auguste, le roi de Maurétanie, Juba II. Le bâtisseur de Volubilis favorisa l’installation de ses équipages et le développe-ment de l’industrie des salaisons et de la pourpre. C’est cette activité (production de teinture à partir d’un coquillage : le murex)
qui explique la renommée des « îles Purpuraires » jusqu’à la fin de l’Empire romain. Cette couleur, chez les anciens, était synonyme d’un rang social élevé. Au Moyen Age, les marins portugais mesurent tous les avantages de cette baie et baptisent la ville « Mogador », déformation probable du nom de sidi Mogdoul, un marabout local.

Les juifs ont un statut spécial d’intermédiaires entre le sultan et les puissances étrangères, obligées d’installer à Essaouira une Maison consulaire (il y en eut jusqu’à 10 dans la kasbah). On les appelle les « négociants du roi » ou les « représentants consulaires ». Ils ont, par exemple, le monopole de la vente du blé aux chrétiens, celle-ci étant interdite aux musulmans. En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah décide d’installer à Essaouira sa base navale, d’où les corsaires iront punir les habitants d’Agadir en révolte contre son autorité. Il fait appel à l’architecte français, Théodore Cornut. Le sultan le reçoit avec tous les honneurs dus à un grand artiste et lui confie la réalisation de la nouvelle ville « au milieu du sable et du vent, là où il n’y avait rien ». Le plan original d’Essaouira est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de Paris. L’importance d’Essaouira n’a cessé de croître jusqu’à la première moitié du XIXe s, et la ville connut une formidable prospérité grâce à l’importante communauté juive. On y compta jusqu’à 17 000 juifs pour à peine 10 000 musulmans. La bourgeoisie marocaine accourait y acheter des bijoux. Le commerce y était florissant. Mais la plupart des juifs partirent après la guerre des Six Jours. Aujourd’hui, il ne subsiste-rait que quelques familles juives dans la ville. Pendant des années, ce fut le seul port marocain ouvert au commerce extérieur. Le déclin commença avec la colonisation française et le développement d’autres ports (Casablanca, Tanger, Agadir). Handicapée par ses eaux peu profondes et ne pou-vant pas recevoir les gros bateaux modernes, Essaouira se tourna alors vers la pêche avec succès. Cette cité jumelée à La Rochelle est aujourd’hui le chef-lieu d’une province de 500 000 habitants, pour la plupart agriculteurs, et développe une opération de coo-pération avec Saint-Malo, sous l’égide de l’Unesco.

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